Qu’il est agréable de regarder les photos prises au cours d’un voyage et de se replonger dans les souvenirs d’un voyage aussi extraordinaire. Je vois les premières photos et je commence à me
rappeler du début…
Tout commence par les quatre heures d’avion et l’atterrissage au milieu du désert, sous la pluie et l’orage. Entre deux gros nuages, nous avons déjà pu entrevoir la démesure et la folie de
l’endroit : un désert immense, creusé par des fleuves formant des canyons magnifiques, et au milieu de tout cela, une immense ville de plus de 500 000 habitants, fruit d’une folie
presque inconsciente où des golfs verts tranchent avec le rouge du désert et des casinos aux noms mythiques attrapent des touristes en masse.
Nous avons un peu de temps et remontons le célèbre Strip pour croiser les enseignes lumineuses mais nous nous en allons vite vers l’est et commençons notre trip, nous réservons
notre dernier jour pour visiter l’ogre.
La nuit tombée, nous passons notre première nous dans un motel après avoir mangé nos premiers burgers ; les premiers d’une très longue série…
Jour 1
Le lendemain, c’est au bord du lac Mead que nous nous arrêtons pour admirer le Hoover Dam (le barrage de Hoover). Ce qui frappe le plus, ce n’est pas tellement l’immensité de la
structure, bien que celui-ci fasse 201 mètres de haut, c’est plutôt la trace qu’a laissée l’eau sur les bords des falaises. Celle-ci devait arriver bien haut il y a quelques années mais les
besoins croissant de cette ville qui n’en fini de s’étendre diminuent chaque jour un peu plus la profondeur du lac.
La route 66 n’étant pas très loin, c’est aussi là que nous croisons nos premiers motards en Harley Davidson.
Peu avant de bifurquer sur cette route mythique, notre précieux guide nous conseille de nous arrêter dans une quasi-ville fantôme Chloride. Cette ancienne ville de chercheurs d’argent
est perdue au milieu du désert et, chose étonnante, des personnes y vivent encore. En se rendant au visitor center, on se demande comment les habitants peuvent subsister au milieu de
nulle part car la manne venue du tourisme doit être trop maigre pour nourrir tout le monde… De plus, l’attraction touristique, le pseudo centre ville désert ferait même rigoler Lucky Luke tant il
paraît sorti tout droit d’un de ses albums.
Ensuite, c’est la route sixty six qui nous accueille. Cette longue route à travers les Etats-Unis reliait auparavant Chicago à Los Angeles. Aujourd’hui certaines portions restent encore en bon
état et font la joie des touristes comme nous.
Mis à part le côté extraordinaire d’être sur la route 66, nous découvrons notre premier désert. A droite et à gauche de la route, des arbustes et des herbes pas plus hautes qu’un mètre. Au bout,
nous nous arrêtons à Seligman, petite ville s’étant spécialisée dans les gadgets en tous genres, estampillés du fameux logos Route 66.
L’étape suivante est notre hôtel à Flagstaff. Depuis le début du voyage, nous avons une petite appréhension à dormir ici, car toutes les critiques sur internet sont formelles, il faut éviter le
centre ville de Flagstaff à cause de la voie ferrés et des trains qui passent en klaxonnant toute la nuit. Pas de chance, notre motel est à côté de la gare… Il s’avère en fait que la réservation
à été mal transmise mais nous finissons tout de même par pouvoir y laisser nos bagages avant d’aller voir le coucher de soleil sur les rochers de Sedonna.
Jour 2
Le jour de la visite du Grand Canyon est arrivé. Le train ne nous a pas dérangés outre mesure et nous décidons de faire un petit crochet par deux endroits qui semblent digne
d’intérêt : Sunset Crater et le Wupatki National Monument. Le premier se situe comme son nom l’indique sur un cratère qui remonte au douzième siècle. Une petite ballade
nous fait découvrir un lieu vert et noir et qui sent bon le pin. C’est assez troublant de voir ces immenses arbres sortir de cette terre qui semble aride.
A quelques kilomètres de là, nous découvrons un endroit totalement différent. La roche basaltique et les pins s’effacent soudainement pour laisser apparaître un désert rouge. C’est la terre des
ancêtres des indiens et nous trouvons dans le Wupatki National Park l’un de leurs vestiges.
Nous rejoignons ensuite la route qui nous mène au Grand Canyon. La route est assez longue et au fur et à mesure, on se demande à quoi cela peut bien ressembler. On entre dans le parc
puis, tout à coup, au détour d’un virage, on le voit. Lorsqu’on est face à se spectacle, on sent l’immensité du lieu mais j’ai peur que la photo qui suit ne puisse retranscrire ce sentiment de
petitesse mêlé à l’émerveillement.
Nous passons toute l’après-midi à nous promener le long du Grand Canyon pour profiter des différents points de vue. En repartant, nous regardons le long de la route les petits villages indiens.
Posées sur la terre rouge du désert, entourées de grosses voitures, de petites maisons préfabriquées voire des caravanes, forment des petits hameaux à l’accent de bidonville du désert. On a du
mal à imaginer comment autant de gens arrivent à vivre du tourisme.
Arrivés au Burger King de la ville la plus proche de notre motel, nous constatons la déchéance du peuple indien. Ceux qui nous sont présentés dans les films comme de fiers peaux-rouges
ont désormais du mal à marcher à cause de leur embonpoint. Comme tous mauvais américains, ils viennent bouffer des hamburgers dans le fast-food le plus proche avant, on l’imagine, de
retourner retrouver leur téléviseur dans leur abris paumé d’un côté ou de l’autre de cette route interminable.
Jour 3
Arrivés de nuit dans la ville de Page, nous n’avions pas pu admirer le lac Powell au nord de la ville. Celui-ci est en fait le fruit d’une nouvelle folie américaine permettant de nourrir en
électricité la région. Le Glen Canyon est fermé au niveau de Page par un gigantesque barrage qui a permis de remplir le canyon d’eau. Ayant vu le Grand Canyon la veille, il est
difficile d’imaginer qu’un canyon, même de taille modeste puisse être rempli d’eau. Cela doit représenter un volume phénoménal.
En route pour l’attraction de la journée, Antelope Canyon, notre guide nous conseille de nous arrêter pour voir le Horseshoe Bend (littéralement « la courbe en forme de fer
de cheval »). Une fois de plus, il n’avait pas tord. A quelques minutes de marche du parking, nous arrivons brutalement au bord d’une falaise à pic de plusieurs centaines de mètres. La forme
est bien celle d’un fer à cheval et l’endroit est immense. Même le grand angle de mon appareil photo à du mal à tout faire entrer dans mon objectif !
Moment phare de la journée et certainement le plus beau souvenir de ce voyage : Antelope Canyon. Le prix de la visite, bien qu’élevé, ne laisse aucun regret tellement le lieu est
magique. Imaginez qu’après une petite ballade en 4 x 4, vous arrivez devant une grande falaise dans laquelle vous apercevez une fêlure immense. Celle-ci est en fait la porte vers un univers
merveilleux ou seuls quelques rayons de lumière pénètrent par le haut et tombent sur le sable orange. Pendant plus d’une heure, on déambule dans ce canyon ou chaque recoin cache un autre jeu de
lumière.
Après un déjeuner au bord du lac Powell sous un soleil cuisant, nous partons vers le nord-est pour nous rapprocher de notre prochaine grande visite, Monument Valley. A notre arrivée, le
soleil est encore haut dans le ciel et nous en profitons pour aller découvrir le Navajo National Monument. Nous descendons un petit sentier et découvrons au fond d’un canyon, dans le
renfoncement de la falaise, les vestiges d’une ancienne cité indienne Anasazi. Ces ancêtres des indiens étaient de talentueux cultivateurs et vivaient là au XIIIème siècle.
Jour 4
Revigorés par une nuit dans ce motel perdu, nous partons tôt pour être les premiers à arriver à Monument Valley. Pour ceux qui se demandent à quoi leur fait penser ce parc, c’est tout
simplement à Lucky Luke. Lorsqu’on s’y promène, on attend à tout instant de voir débouler une horde de peaux-rouges ou des cow-boys solitaires en quête de tranquillité.
Ce qui donne un côté extraordinaire au tour que nous faisons, est que nous sommes entièrement seuls dans cet endroit majestueux. Les touristes arrivent habituellement en masse vers 9h00 du matin
mais nous y sommes arrivés une heure avant et nous avons l’impression que nous y sommes entièrement seuls. Seuls quelques chiens presque sauvages et des indiens vendeurs de babioles nous croisent
de temps en temps. La carte fournie à l’entrée nous indique le tour que nous devons faire et le nom de chacune des montagnes que nous croisons. Celui-ci est bien sûr en rapport avec leur forme et
nous nous amusons à trouver les ressemblances.
Le temps passe vite et il faut déjà se diriger vers le nord pour visiter Arches National Park. Comme son nom l’indique, de nombreuses arches ont été creusées par l’érosion dans la roche.
On a du mal à mesurer l’ampleur de ces formations mais elles sont tout bonnement immenses.
Comme à Monument Valley, on retrouve ici des roches aux formes éléphantesques.
Le clou de la journée est l’ascension jusqu’à Delicate Arche pour y voir le coucher de soleil et le jeu magnifique des lumières orangées.
C’est après ce coucher de soleil qu’est arrivée une situation assez critique. Ne sachant pas où nous en serions dans notre voyage, nous avions choisi de ne pas réserver de motel pour cette
nuit-là en espérant couvrir le maximum de la distance nous séparant de Bryce Canyon, notre prochaine destination. Nous pensions bien sûr, qu’au bord de l’autoroute que nous allions
emprunter, nous n’aurions qu’à choisir parmi les motels que nous croiserions. Après une bonne heure de route, nous nous sommes rendu compte que nous étions en fait au milieu du désert. C’était
certes magnifique d’être plongé dans le noir total de la nuit sans être gêné par la pollution lumineuse de villes environnantes, mais un rapide récapitulatif de la situation donnait :
« nous sommes en plein milieu du désert, il y fait naturellement froid durant la nuit, nous n’avons plus qu’un quart de notre plein, aucune ville n’est à l’horizon et nous ne savons pas où
dormir ».
La situation était grave mais pas catastrophique. Nous nous sommes donc arrêté à la seule grande ville que nous avons croisé pour y faire le plein d’essence et nous restaurez grâce à une
superette encore miraculeusement ouverte.
Jour 5
N’ayant pas beaucoup avancé pendant la nuit, il faut se lever tôt pour partir vers Bryce National Park. Une petite ballade nous fait serpenter le long de pitons rocheux si
caractéristique du lieu. Cette belle couleur orange qui tranche avec le vert des sapins et le bleu du ciel nous rappelle un peu les ballades de la journée précédente.
On trouve une multitude de points de vue au bord du canyon. Celui qui donne la meilleure vue, nommé Inspiration Point, nous laisse en effet sans voix. Face à nous, sur
plus de 180 °, on peut admirer les pitons rocheux avec des couleurs qui vont du blanc à l’orange. L’endroit est magnifique.
Les pieds quelque peu usé par la marche le long du canyon, nous rejoignons le plus perdu mais certainement le plus charmant motel de l’Utah. A Mont Carmen, une charmante vieille dame gère, juste
à côté de sa maison, à peine une dizaine de chambres gentiment désuètes.
Avant de nous coucher, nous allons manger dans un Diner un peu plus loin sur la route. Devant l’entrée, des petites mangeoires attirent de jolis colibris vert et blanc.
Jour 6
Au réveil, il ne fait que 16 °C dans la chambre. Vu les stalactites dehors, il semblerait que la température à l’extérieur ait chuté en dessous de zéro durant la nuit.
Aujourd’hui, nous visitons le magnifique parc de Zion. Après avoir vu tant de choses différentes et magnifiques à chaque fois, on se demande vraiment quelle sera la prochaine surprise.
Cette fois, nous suivons une route tortueuse pour arriver au fond du canyon. Nous sommes ensuite obligés de laisser notre voiture au Visitor Center pour prendre le bus. Pour faire notre
première promenade, nous remontons jusqu’à l’extrémité nord du parc ce qui nous permet d’écouter en entier la visite guidée du parc faite dans le bus. On y apprend beaucoup de choses sur le parc
et particulièrement les ballades les plus intéressantes.
Celle qui nous attend au bout du parc longe la Virgin River puis emprunte son lit pour remonter entre deux falaises à pic. Contrairement aux autres parcs que nous avons visités, nous
sommes ici entourés de verdure. La faune et la flore qui étaient auparavant rustiques, sont maintenant pleines de couleurs et envahissantes. Les écureuils et les oiseaux multicolores viennent
nous quémander à manger tandis qu’un daim mange à côté de la route sans se rendre compte que des dizaines de personnes le prennent en photo.
A la fin du sentier, nous devons mettre les pieds dans l’eau glacée. Nous avançons jusqu’à ce qu’on en ait jusqu’au genou et nous rebroussons chemin.
L’une des ballades à faire est celle des piscines. Au fur et à mesure que l’on monte sur les flancs de la falaise, nous croisons tour à tour des chutes d’eau et des piscines naturelles. Il est
bien sûr strictement interdit de s’y baigner mais elles procurent un agréable endroit frais où se reposer du soleil qui tape dur aujourd’hui.
L’heure avance et il nous faut déjà partir de ce magnifique parc, havre de paix et de verdure. Cinq heures de route nous séparent de la ville de Beatty où nous avons prévu de dormir avant de nous
risquer dans la Death Valley, la Vallée de la Mort.
Nous retrouvons les routes droites interminables. Nous avons même droit à un magnifique coucher de soleil car nous faisons route vers l’ouest.
Jour 7
Les préparatifs avant d’aller dans la Death Valley ne sont pas à prendre à la légère : il faut vérifier le niveau du liquide de refroidissement, prendre beaucoup d’eau (environ 3
litres par personnes) et de quoi manger (pas de chocolat, ça va de soi).
Cette vallée contient beaucoup de paysages différents. Le premier que nous rencontrons est une multitude de dune de sable telles qu’on doit les voir dans le Sahara.
La température dans la voiture est vite montée à 40 °C et la présence d’une rivière dans ce lieu aussi chaud nous intriguait. La Death Valley est en fait le lieu d’une très ancienne mer
disparue depuis bien longtemps. L’eau étant partie, il reste cependant encore beaucoup de sel comme ici à la Salt Creek.
Cet environnement, bien qu’il soit très salé, est l’habitat d’un poisson qui ne vit qu’ici le Pupfish. On rencontre aussi bons nombres de lézards blancs à la démarche si caractéristique.
Aussi incroyable que cela puisse paraître, des personnes ont vécu et surtout travaillé dans la Vallée de la Mort. A l’entrée du parc, on peut voir un Ghost Town où seuls quelques murs
témoignent de la présence passé des hommes à cet endroit.
En plein milieu de la vallée, on trouve aussi d’anciennes bâtisses témoignant de la présence de chinois employés à l’extraction du Borax.
Notre halte suivante a lieu à l’endroit le plus bas des Etats-Unis à – 282 pieds soit – 85,5 mètres. Au fond de cette cuvette, on trouve une immense mer de sel. Nous nous y sommes aventurés et
c’est la première fois que je réfléchis à l’énergie qu’il me faut garder pour être capable de retourner à la voiture. Il fait tellement chaud qu’il doit être très difficile d’y rester plus d’une
demi-heure sans boire.
Non loin de là c’est le Devil’s gulf course (cours de golfe du diable). Le nom vient sans doute des nombreux trous qui résultent des formes étranges engendrées par la terre et le sel à
cet endroit.
Dernier endroit que où nous nous arrêtons dans ce parc Artit’s Palette. L’oxydation de différents métaux contenus dans les roches donnent des couleurs variant sur toute la palette d’un
artiste. C’est très joli et assez inattendu dans un tel endroit.
Il est déjà l’heure de mettre le cap vers Las Vegas, dernière étape de notre voyage. Cette immense ville est à la pointe sud du Nevada et nous y passons pour la première fois de jour. Ce qui est
assez inhabituel, c’est de voir autant de publicité pour des prostituées et des maisons closes. Cet état est en effet l’un des deux seuls où la prostitution n’est pas interdite. Les grands
panneaux publicitaires qui font plus de dix mètres de longueurs sont donc recouverts de dames peu voire pas vêtues…
En arrivant à Las Vegas, il nous faut abandonner notre voiture et prendre le taxi pour nous rendre dans notre dernier hôtel, le Luxor. La chambre nous a coûté cher mais elle mérite bien
ses quatre étoiles.
Comme vous les voyez peut-être, les murs donnant sur l’extérieur ne sont pas droits. L’hôtel a en effet une forme de pyramide, l’intérieur est creux, si l’on peut dire, et contient le casino et
tous les restaurants, tandis que les murs de la pyramide contiennent les chambres. L’endroit est tout simplement géant.
Après une douche bien méritée, nous partons à la conquête du Strip, l’artère principale de la ville qui est bordée par tous les grands casinos de la ville. En bon français, nous nous
arrêtons au Paris pour déguster le buffet « à volonté ». Ce « à volonté » fait notre grand malheur. Lorsque nous voyons toutes les plats français en libre service,
nous essayons d’en goûter le maximum jusqu’à nous faire exploser la panse. C’est donc avec un estomac (trop) plein que nous allons voir les fontaines du Bellagio.
Nous remontons ensuite le long du Strip pour visiter les casinos les plus beaux puis, les jambes flageolantes, nous rentrons vers notre hôtel et nous glisser dans les draps 4 étoiles.
Jour 8
Le dernier jour est malheureusement arrivé. Ayant déjà visité les casinos la veille et la ville n’étant pas très belle le jour, il ne nous reste plus qu’à bien manger et jouer avant de prendre
l’avion.
Nous essayons les machines à sous. Tout le monde est d’accord pour dire que l’on n’y gagne jamais rien. J’y mets cependant 1 dollar, 5 minutes après je vais chercher mon gain de 30 dollars à la
caisse. C’était mon jour de chance…
Voilà il est l’heure de partir, le taxi nous amène à l’aéroport. On retrouve dans le hall d’embarquement des machines à sous. Ce sera notre dernier souvenir de Vegas.